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Les Chartreux à Charavines

    En 1116, quelques moines chartreux quittent la maison mère, s’installent dans ce vallon écarté du lac et fondent la troisième fille de la grande Chartreuse : la Sylve Bénite.
Ils sont végétariens et le poisson est leur principale ressource d’alimentation.
Ils cherchent donc un accès au lac, créant de vifs conflits avec la population.
Un fils naturel de Frédéric Barberousse, empereur romain germanique, roi d’Allemagne,
étant convers au monastère, et entra en conflit avec le village d’Ars.
Il est même probable que les moines aient fait incendier le hameau et chasser les habitants qui les empêchaient d’accéder à la propriété du lac et à ses ressources.

En 1177, le pape Alexandre III confirme les privilèges aux chartreux et la possession d’Ars.
Les textes révèlent la destruction antérieure du village et interdit la reconstruction de la chapelle.
L’abandon définitif du village fut la conséquence de la montée progressive du niveau.
Des traces de maisons en terre et bois à tuiles plates attestent d’un habitat gallo-romain.
Sur le site de Bourgealière, a été découvert une statuette en bronze du dieu gaulois Sucellos.

Les Chartreux ont crée de nombreux étangs pour la mise en culture et l’irrigation des terres, l’énergie des moulins et l’élevage piscicole alimentaire.
On trouve sur l’étang du Moulin une diversité de milieux humides intéressante.
Le site est un refuge pour la faune et la flore des zones humides.
On peut y voir la Locustelle luscinioïde, une espèce de passereau peu commune en France.

Le GR65 c’est « La Via Gebennensis »  l’un des chemins du pèlerinage de St-Jacques-de-Compostelle, qui part de Genève, point d’aboutissement des chemins venant d’Allemagne
et de Suisse, et va jusqu’au Puy-en-Velay. Le GR65 va jusqu’à Pampelune.

              La Chartreuse Marie de Sylve Bénite a été fondée en 1116, par le moine Other venu de la Grande Chartreuse. La Sylve Bénite faisait partie d’Oyeu et du mandement de Clermont.
La Chartreuse connaît alors une importante expansion. Pour constituer leur désert, isolement édicté par la règle de Saint Bruno, les chartreux étendent leur territoire grâce à des dons seigneuriaux, en écartant les habitants et réclamant de nouveaux impôts.
Elle survécu difficilement aux guerres de religions et pas du tout à la révolution!
A la révolution, les biens des chartreux seront dispersés et vendus comme biens nationaux.
Les bâtiments du monastère seront laissés à l’abandon et pillés.
Il ne subsiste qu’un élément du cloître, XVIIème, le logis abbatial et quelques bâtiments annexes.
Elle est aujourd’hui une propriété privée qui ne se visite que de l’extérieur.

             La grange Dîmière, ancienne dépendance du monastère. Elle avait été construite par les moines chartreux pour stocker l’impôt , la dîme, constitué de grains de céréales.
Imposante, elle est signe de la puissance, et de l’aura de la fondation cartusienne.
Construite sur une pente, elle a deux niveaux : un niveau bas d’étables et la grange elle-même. Dans la façade de pierre s’ouvre un porche monumental à deux vantaux.
Ils sont récents mais on peut voir les vantaux d’origine à l’intérieur du bâtiment.
La charpente complexe présente un grand intérêt de techniques de construction.
Restauré, le site est aujourd’hui un lieu d’expositions d’art actuel et spectacles vivants.

http://www.mairie-lepin.fr/

Le village du Pin est traversé par la via Gebennensis, route ancestrale de pèlerinage reliant Genève au Puy en Velay pour rejoindre la via podensis.

Balisé par la fameuse coquille, ce chemin est reconnu par Fédération Française de Randonnée Pédestre et est devenu le GR 65, duquel partent de nombreuses boucles de randonnées.

Les chartreux édifient de vastes bâtiments agricoles destinés à recueillir le produit de la dîme (impôt en nature). La Grange Dimière de la Courrerie est le témoin majestueux de leur richesse. Mentionnée en 1549, elle est reconstruite en 1658. Cette véritable cathédrale agricole mesurait 22,5 mètres en façade, 35 mètres de profondeur, et 18 mètres de hauteur auquel il faut ajouter un niveau bas d’étables.

La Grange Dimière subit un important incendie en 1906 et sa longueur est réduite de moitié. En 1993, elle est restaurée et transformée en lieu culturel. Classée monument historique, elle accueille depuis 1994 des expositions estivales d’art contemporain et de nombreuses animations culturelles.

(  http://www.paysvoironnais.info
Ancienne dépendance du monastère Chartreux de la Sylve Bénite, la Grange Dimière date de 1655. Murs en pierre, porche monumental, charpente magistrale culminant à 18 mètres de haut )