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Saint-Martin-en-Vercors

Saint-Martin-en-Vercors

 

Saint-Martin-en-Vercors est un village de 360 habitants, niché à 750 m d’altitude, en plein cœur du parc naturel régional du Vercors, à 45 km de Grenoble et à 60 km de Valence. Le climat y est plus doux que dans toute autre partie du Vercors.

Les communes limitrophes sont Saint-Julien-en-Vercors, La Chapelle-en-Vercors, Corrençon-en-Vercors et Échevis

Préhistoire

L’abri de Bobache, fouillé en 1912, a livré quelques objets de silex appartenant à la période azilienne, fin de la dernière glaciation (-10 000). Dans un environnement de steppes et d’arbres clairsemés, des chasseurs nomades traquaient -entre autres- la marmotte pour sa chair et sa fourrure. Plus tard au Mésolitique, entre -6250 et -4500, la forêt se développe et sa densité gêne la circulation des hommes et le succès de leurs chasses. Aussi des groupes de chasseurs nomades recherchent-ils en été les zones giboyeuses et peu boisées des hauts-plateaux du Vercors. On a retrouvé des traces de leurs migrations annuelles dans un abri sous roche près du Pas de la Charmate où ils faisaient étape près d’un point d’eau à peine quelques jours par an, mais pendant plusieurs millénaires. Ils chassaient principalement le bouquetin mais ne dédaignaient pas le chamois, le cerf et le sanglier. Ils fabriquaient de très petites pointes de silex qui armaient harpons et flèches, et utilisaient probablement l’arc.

De la Gaule à la France

Les Voconces, peuplade celto-ligure, occupaient les montagnes entre l’Isère et le Ventoux. Un de leurs dix-neuf districts était habité par les Vertacomicori qui donnèrent leur nom au massif. L’époque romaine n’a guère laissé de traces dans la commune, sinon quelques sarcophages trouvés à Picot. Au XIe siècle, le Vercors est chrétien et organisé en paroisses desservies par les chanoines de Sainte-Croix-en-Diois jusqu’en 1 289, par les religieux de Saint-Antoine ensuite.

Moyen Âge et temps moderne

À partir de 1235, Saint-Martin, comme les autres communes du Vercors drômois, est sous la suzeraineté de l’évêque de Die qui en dispute les revenus aux religieux de Saint-Antoine jusqu’en 1305. L’évêque avait pour vassaux divers seigneurs et châtelains locaux qui levaient également l’impôt sur les habitants. Plus tard, l’évêque nomme des « fermiers », sorte de percepteurs sur lesquels ne s’exerçait aucun contrôle. Ils donnaient une somme convenue chaque année à l’évêque et gardaient pour eux le reste. Il est intéressant de retrouver, dans les patronymes de ces nobles d’autrefois, des noms encore portés par des familles ou des lieux-dits : Faure, Malsand, Sibeud, Penchinat, Algo(ud), etc. Jean Abicel, mort vers 1550, possédait à Saint Martin une fortune considérable dont un domaine a gardé son nom : Les Abisseaux, pluriel de Abicel. Madame de la Blachette a également laissé son nom au quartier où elle avait son domaine vers 1746. Louis Gauthier de la Tour, sieur de Larénier, fait construire en 1662 – à Saint Martin – une belle demeure flanquée d’une tour, le château de Larénier ou l’Arénier. Ce nom de l’Arénier évoque non pas une bête à huit pattes mais un lieu sablonneux (arena en latin).

Calamités et guerres de religion

L’été 1508 fut marqué par l’apparition de la peste qui décima la population de Saint-Martin. Au cours du XVIe siècle, les pauvres sont nombreux et quelques pieuses personnes font leur testament en leur faveur.

Les guerres de religion ravagèrent le Vercors. Pris par Montbrun (protestant) repris par De Gordes (catholique) qui fait démolir les châteaux forts, de 1573 à 1590 le pays est sans cesse traversé par des bandes rivales, qui, sous couleur de religion, pillent et rançonnent les habitants. À la fin de cette triste période, la commune est criblée de dettes, l’église en partie détruite et le village en ruines.

Sous le règne du roi Henri IV commença le relèvement, dont témoigne le vénérable tilleul de Sully qui orne la place de Saint-Martin. Le célèbre ministre avait fait planter des quantités d’arbres, généralement destinés à ombrager les chemins du royaume qu’il avait fait remettre en état, mais plus probablement, dans le cas de Saint-Martin, afin d’abriter les réunions publiques, coutume en usage au XVIe siècle.

La commune

Le mouvement communal fut bien tardif à se manifester dans le Vercors. En 1318, Saint-Martin appartenait aux Antonins de Sainte-Croix. C’est seulement au milieu du XVIe siècle que la paroisse devint une commune. Chaque année, à Pâques, les habitants élisaient un consul qui administrait la commune pendant un an. Quand les affaires à traiter excédaient sa compétence, il était assisté d’une assemblée générale composée d’habitants de la commune, généralement choisis par les consuls des années précédentes.

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Saint-Martin-en-Vercors a abrité le quartier-général du maquis du Vercors et un hôpital.

Le 3 juillet 1944, la République française est restaurée à Saint-Martin-en-Vercors à l’occasion de la venue d’Yves Farge, commissaire de la République1.

Après une période révolue d’exode rural, le village a su s’adapter et rebondir en s’appuyant sur ses principaux atouts : la beauté de ses paysages, la nature préservée et le dynamisme de ses habitants.

Lieux et monuments

Le tilleul de Sully.

Personnalités liées à la commune

 

Les grandes entités paysagères

 

on peut distinguer 3 grandes unités paysagères sur la commune :

·         le berceau de St Martin

Au niveau de St Martin, le sillon s’élargit pour créer un grand berceau orienté Nord-Sud, en pente vers le Sud. Cet élargissement, cumulé à la pente et à l’ouverture visuelle sur la vallée de la Vernaison et vers St Agnan, donne une perspective vers le Sud tout à fait caractéristique, qui donne au site de St Martin son caractère ouvert et dégagé revendiqué par ses habitants. Le paysage agricole de ce berceau fertile présente un paysage de qualité exceptionnelle pour plusieurs raisons :
– les vallons, qui sont accompagnés de belles ripisylves,
– le bocage, constitué de haies continues de feuillus dans la partie nord du berceau.

Les pieds de versant sont occupés par des prairies agricoles et un bocage remarquables, ponctués par des arbres isolés qui animent cette unité. Des anciens chemins, parfois bordés de lauzes calcaires, relient les hameaux entre eux. Dans ce paysage très ouvert, le relief vallonné est mis en valeur par l’implantation de hameaux sur ressaut ou en croupe. Ces derniers se composent essentiellement de fermes traditionnelles et parfois de constructions des années 50. La structure agglomérée des hameaux leur permet une bonne identification au sein du paysage.
Le village est implanté en balcon sur le flan Ouest du sillon. La co-visibilité entre le village et les hameaux est très forte.

·         Le bois de l’Allier

Ce massif monte progressivement par palliers vers l’Ouest et se termine par les gorges de la Bourne et la Vernaison.
C’est un bois de feuillus, particulièrement de hêtres, mais avec une grande variété d’essences formant des lisières. Cette diversité est perceptible au niveau du paysage par la diversité des couleurs qu’elle génère au fil des saisons.
Cette entité alterne séquences boisées et petits bassins agricoles ouverts, qui recèlent de petits hameaux au caractère intimiste.

·         Les rebords des Hauts Plateaux

Le berceau de St Martin est dominé à l’Est par les falaises des Hauts Plateaux du Vercors. Il s’agit d’un site écologique et touristique majeur de renommée européenne. Des boisements résineux s’étendent à perte de vue. C’est une forêt mixte de feuillus et de résineux. Les clairières d’altitudes, d’orientation Nord-Sud, ménagent quelques ouvertures rares le long des routes forestières (la plaine d’Herbouilly).

 

Saint-Julien-en-Vercors

Géographie

Saint-Julien-en-Vercors est situé à 13 km au nord de La Chapelle-en-Vercors (chef-lieu du canton).

Les communes limitrophes sont Saint-Martin-en-Vercors, Rencurel, Corrençon-en-Vercors et Châtelus.

Histoire

Ce village fut le lieu d’une des premières attaques allemandes contre le Vercors, le 18 mars 1944.